
Comment savoir si je suis sur INTERPOL ?
Vous pensez faire l’objet d’une recherche internationale et vous vous demandez comment savoir si vous êtes recherché par INTERPOL ? Une première vérification peut être effectuée dans la base publique des notices rouges publiée sur le site officiel d’INTERPOL. Cette base n’est toutefois pas exhaustive : la majorité des notices rouges sont réservées aux services chargés de l’application de la loi et ne sont pas accessibles au public.
L’absence de votre nom dans les résultats publics ne permet donc pas de conclure qu’aucune donnée vous concernant n’est traitée dans le Système d’information d’INTERPOL.
Lorsqu’il existe des raisons sérieuses de penser que des données vous concernant sont enregistrées, il est possible de saisir la Commission de contrôle des fichiers d’INTERPOL (CCF) afin de demander l’accès aux informations éventuellement traitées.
Depuis le 26 mars 2026, les nouvelles demandes adressées à la CCF doivent être déposées via son portail en ligne sécurisé.
Dans quels fichiers d’INTERPOL votre nom peut-il figurer ?
La question de la liste publique des personnes recherchées est traitée séparément dans notre page consacrée à la liste des personnes recherchées par INTERPOL en France.
INTERPOL exploite un système mondial de coopération policière permettant à ses pays membres d’échanger différentes catégories de données. Une personne peut notamment être concernée par une notice, une diffusion ou d’autres informations policières transmises par l’intermédiaire des canaux de l’Organisation.
Dans le contexte d’une personne recherchée à l’échelle internationale, l’un des mécanismes les plus connus est la notice rouge INTERPOL.
Une notice rouge est une demande adressée aux services chargés de l’application de la loi du monde entier afin de localiser une personne recherchée et, lorsque le droit national le permet, de procéder à son arrestation provisoire dans l’attente d’une extradition, d’une remise ou d’une mesure judiciaire similaire.
Elle est généralement fondée sur un mandat d’arrêt ou une décision judiciaire émis par le pays ou le tribunal à l’origine de la recherche.
Une notice rouge n’est toutefois pas un mandat d’arrêt international. INTERPOL ne décide pas lui-même si une personne doit être arrêtée. Chaque pays membre détermine, conformément à son propre droit, les conséquences juridiques qu’il accorde à une notice.
Il existe également des diffusions INTERPOL, qui constituent un autre mécanisme de transmission d’informations entre les pays membres. Une diffusion peut être envoyée directement à tous les pays membres ou seulement à certains d’entre eux.
L’absence d’une notice rouge publique ne permet donc pas d’exclure l’existence d’une diffusion INTERPOL ou d’un autre traitement de données non accessible au public.
Pourquoi êtes-vous sur la liste INTERPOL ?
Il n’existe pas juridiquement une « liste INTERPOL » unique regroupant toutes les personnes recherchées dans le monde.
Lorsqu’une personne fait l’objet d’une notice rouge, elle est recherchée par un pays membre ou, dans certains cas, par un tribunal international. INTERPOL facilite la transmission de l’information entre les autorités compétentes.
Selon les règles d’INTERPOL, une notice rouge ne peut être publiée que si elle concerne une infraction grave de droit commun et si les autres conditions applicables sont satisfaites.
INTERPOL cite notamment parmi les infractions pouvant être concernées des faits graves tels que :
- Meurtre ou autres infractions violentes graves : une personne peut être recherchée afin d’être poursuivie ou afin d’exécuter une peine déjà prononcée.
- Fraude et criminalité financière : certaines affaires de fraude grave, de corruption, de détournement ou de criminalité financière peuvent donner lieu à une coopération policière internationale.
- Trafic de stupéfiants : les enquêtes concernant des réseaux internationaux de trafic de drogues peuvent nécessiter la localisation de suspects ou de personnes condamnées dans plusieurs États.
- Traite des êtres humains et criminalité organisée : ces infractions peuvent donner lieu à une coopération entre les autorités de différents pays.
- Cybercriminalité grave : certaines infractions informatiques transnationales peuvent également entraîner des recherches internationales.
- Autres infractions graves de droit commun : l’éligibilité d’une demande dépend des faits, de leur qualification juridique et des critères prévus par le Règlement d’INTERPOL sur le traitement des données.
Toutes les infractions ne peuvent cependant pas donner lieu à une notice rouge. L’article 83 du Règlement d’INTERPOL sur le traitement des données exclut notamment certaines catégories liées aux affaires privées ou familiales, certaines infractions administratives et certaines infractions soulevant des questions controversées de normes comportementales ou culturelles, sous réserve des exceptions prévues par les règles.
Par ailleurs, l’article 3 du Statut d’INTERPOL interdit strictement à l’Organisation toute activité ou intervention dans des affaires présentant un caractère politique, militaire, religieux ou racial.
Lorsqu’une personne est recherchée aux fins de poursuites et n’a pas encore été condamnée, elle doit être considérée comme innocente tant que sa culpabilité n’a pas été établie conformément au droit applicable.
Comment vérifier si je suis sur INTERPOL ?
Il existe deux moyens principaux de vérifier si vous pouvez être concerné par une recherche ou par un traitement de données d’INTERPOL.
1. Consulter les notices rouges publiques
INTERPOL dispose d’un moteur officiel permettant de rechercher les extraits de notices rouges rendus publics.
La recherche peut notamment être effectuée à l’aide :
- du nom ;
- du prénom ;
- de la nationalité ;
- du sexe ;
- de l’âge ;
- du pays à l’origine de la recherche ;
- de mots-clés.
Cette vérification est utile, mais elle présente une limite importante : la majorité des notices rouges ne sont pas rendues publiques.
Ne pas trouver son nom dans le moteur de recherche officiel ne signifie donc pas nécessairement qu’aucune notice, diffusion ou autre donnée INTERPOL n’existe.
- du nom ;
- du prénom ;
- de la nationalité ;
- du sexe ;
- de l’âge ;
- du pays à l’origine de la recherche ;
- de mots-clés.
Cette vérification est utile, mais elle présente une limite importante : la majorité des notices rouges ne sont pas rendues publiques.
Ne pas trouver son nom dans le moteur de recherche officiel ne signifie donc pas nécessairement qu’aucune notice, diffusion ou autre donnée INTERPOL n’existe.
2. Présenter une demande d’accès à la CCF
Lorsqu’une personne souhaite savoir si des données la concernant sont traitées dans le Système d’information d’INTERPOL, elle peut saisir la Commission de contrôle des fichiers d’INTERPOL (CCF).
La CCF est un organe indépendant chargé notamment de traiter les demandes :
- d’accès aux données ;
- de rectification des données ;
- d’effacement des données ;
- de révision de certaines décisions de la Commission.
Depuis 10h00 CET le 26 mars 2026, toutes les nouvelles requêtes doivent normalement être soumises au moyen du portail sécurisé de la CCF. Les demandes par courrier électronique ou postal ne constituent plus le canal normal de dépôt, sauf circonstances exceptionnelles reconnues par la Commission conformément à ses règles.
Notre page consacrée à la demande d’accès aux données INTERPOL explique plus en détail cette procédure.
Après qu’une demande d’accès a été déclarée recevable, la CCF demande au Secrétariat général d’INTERPOL de vérifier si des données concernant le demandeur sont traitées dans le Système d’information d’INTERPOL.
La CCF doit en principe statuer sur une demande d’accès dans un délai de quatre mois à compter de sa recevabilité. Les demandes de rectification ou d’effacement relèvent d’un délai prévu de neuf mois, sous réserve des prolongations ou circonstances particulières prévues par les règles applicables.
La réponse communiquée au demandeur peut néanmoins être limitée lorsque les règles d’INTERPOL empêchent la divulgation de certaines informations.
Que se passe-t-il si vous êtes recherché par INTERPOL ?
Les conséquences dépendent du type de données enregistrées, du pays dans lequel vous vous trouvez et du fondement judiciaire de la recherche.
Une notice rouge peut notamment conduire à :
- un contrôle renforcé par les autorités ;
- des vérifications lors du franchissement d’une frontière ;
- une arrestation provisoire lorsqu’elle est permise par le droit national ;
- l’examen d’un mandat d’arrêt existant ;
- une éventuelle procédure d’extradition ou de remise.

Cependant, une notice rouge n’entraîne pas automatiquement une arrestation.
Chaque pays membre décide de la valeur juridique qu’il accorde aux notices rouges et des mesures que ses autorités peuvent prendre.
INTERPOL ne dispose pas lui-même d’agents pouvant arrêter une personne sur le territoire d’un pays membre.
Les conséquences peuvent être particulièrement importantes lors d’un déplacement international. Les autorités frontalières peuvent effectuer différentes vérifications lorsqu’une personne entre sur leur territoire ou quitte celui-ci.
Pour cette situation spécifique, consultez également notre analyse : peut-on être arrêté à l’aéroport ?
Une notice rouge peut également être liée à une éventuelle procédure d’extradition. L’extradition n’est cependant pas décidée par INTERPOL et ne découle pas automatiquement de l’existence d’une notice rouge.
Elle dépend notamment :
- du pays dans lequel la personne se trouve ;
- du pays à l’origine de la recherche ;
- du mandat ou de la décision judiciaire applicable ;
- des conventions internationales applicables ;
- de la législation nationale ;
- de la nature des accusations ;
- des éventuels motifs juridiques permettant de refuser la remise
Les conséquences de votre présence dans les fichiers d’INTERPOL
Le traitement de données concernant une personne dans le Système d’information d’INTERPOL peut avoir des conséquences importantes, mais celles-ci varient selon la situation et les pays concernés.
Parmi les risques possibles figurent :
- Risque de contrôle, d’arrestation ou de détention provisoire. Dans certains États, une notice rouge peut conduire les autorités nationales à procéder à une arrestation provisoire lorsqu’une base juridique suffisante existe.
- Difficultés lors des voyages internationaux. Les déplacements peuvent entraîner des contrôles supplémentaires aux frontières ou dans les aéroports.
- Procédure d’extradition ou de remise. Une arrestation peut être suivie d’une demande formelle d’extradition, mais cette procédure doit être examinée conformément au droit applicable.
- Conséquences administratives indirectes. Selon le pays et le contexte, l’existence d’informations policières internationales peut également être prise en compte dans certaines procédures administratives ou de contrôle.
- Atteinte à la réputation. Lorsqu’un extrait d’une notice rouge est rendu public, les informations peuvent être reprises par des moteurs de recherche, des médias ou des bases de données privées.
Toutefois, les conséquences d’une notice rouge ne sont pas identiques dans tous les États. Il faut éviter de considérer qu’une notice entraîne automatiquement une arrestation, une extradition ou une interdiction de voyager dans l’ensemble des pays membres d’INTERPOL.
Faire appel à des avocats pour une notice rouge d’INTERPOL
Si vous êtes recherché par INTERPOL ou si vous soupçonnez qu’une notice rouge Si vous pensez qu’une notice rouge, une diffusion ou un autre traitement de données INTERPOL vous concerne, il peut être utile d’obtenir une analyse juridique avant d’entreprendre des démarches internationales.
Un avocat intervenant dans les dossiers liés à INTERPOL peut notamment examiner la situation judiciaire à l’origine de la recherche et déterminer si une démarche auprès de la CCF peut être pertinente.
Lorsque des données semblent contraires aux règles d’INTERPOL, il peut également être possible de présenter une demande de suppression d’une notice rouge INTERPOL.
La CCF peut examiner la conformité des données aux règles d’INTERPOL, mais elle n’est pas une juridiction pénale et ne détermine pas la culpabilité ou l’innocence d’une personne.
Des avocats expérimentés vous aideront à
- Évaluer votre situation : analyser les informations disponibles et les risques juridiques susceptibles de découler d’une recherche internationale.
- Vérifier votre statut : préparer, lorsque cela est approprié, une demande d’accès auprès de la CCF.
- Analyser la conformité des données : examiner la notice ou les informations disponibles au regard du Statut et du Règlement d’INTERPOL sur le traitement des données.
- Préparer les documents : constituer les éléments nécessaires à une demande d’accès, de rectification ou d’effacement.
- Examiner le risque d’arrestation ou d’extradition : analyser les conséquences possibles dans les juridictions concernées.
- Contester des données lorsque des motifs existent : notamment lorsqu’il existe des erreurs factuelles, des questions relatives à l’article 3 du Statut d’INTERPOL ou d’autres problèmes de conformité.
Si vous pensez être recherché par l’intermédiaire d’INTERPOL, l’objectif doit être de déterminer précisément quelles données existent, quel État est à l’origine de la recherche et quelles démarches juridiques sont réellement disponibles dans votre situation.
Questions fréquemment posées
Comment vérifier une notice rouge d’INTERPOL ?
Vous pouvez commencer par consulter le moteur officiel des notices rouges publiques d’INTERPOL. Cependant, la majorité des notices rouges ne sont pas publiques. Lorsqu’une vérification plus complète est nécessaire, une demande d’accès aux données peut être présentée auprès de la CCF.
Comment savoir si je suis recherché par INTERPOL ?
Vérifiez d’abord si votre nom apparaît parmi les notices rouges publiques. Si ce n’est pas le cas mais que vous avez des raisons sérieuses de penser que des données vous concernant sont traitées, vous pouvez saisir la CCF au moyen de son portail sécurisé.
Une notice rouge d’INTERPOL est-elle toujours publique ?
Non. La majorité des notices rouges sont réservées aux services chargés de l’application de la loi. Seuls certains extraits sont rendus publics sur le site d’INTERPOL.
Comment savoir si une notice rouge INTERPOL existe à mon sujet ?
L’existence d’une notice publique peut être vérifiée directement sur le site officiel d’INTERPOL. Pour les données qui ne sont pas publiques, une demande d’accès auprès de la CCF constitue le mécanisme prévu pour demander si des informations concernant une personne sont traitées dans le Système d’information d’INTERPOL.
Une notice rouge est-elle toujours visible publiquement ?
Non. L’absence d’un nom dans la base publique ne signifie pas nécessairement qu’aucune notice rouge ou autre donnée INTERPOL n’existe.
Puis-je demander à INTERPOL si des données me concernant sont traitées ?
Oui. Une demande d’accès peut être adressée à la Commission de contrôle des fichiers d’INTERPOL. Depuis le 26 mars 2026, les nouvelles demandes doivent normalement être déposées via le portail sécurisé de la CCF.
La CCF peut-elle demander la suppression de données ?
La CCF examine les demandes de rectification et d’effacement et détermine si les données sont conformes aux règles d’INTERPOL. Lorsqu’elle décide que des données doivent être corrigées ou supprimées, sa décision doit être mise en œuvre conformément au Statut et aux règles applicables
Une notice rouge signifie-t-elle que je serai arrêté automatiquement ?
Non. Une notice rouge n’est pas un mandat d’arrêt international. Chaque pays membre applique son propre droit pour décider si une arrestation peut avoir lieu.
Si aucune notice n’apparaît sur le site d’INTERPOL, suis-je forcément en sécurité ?
Non. La majorité des notices rouges ne sont pas publiques et d’autres informations, notamment certaines diffusions, peuvent également ne pas être visibles sur Internet. L’absence de résultat dans la base publique ne suffit donc pas à exclure tout traitement de données par INTERPOL.


