
Quels sont les pays qui ne sont pas membres d’INTERPOL ?
INTERPOL est la plus grande organisation internationale de coopération policière au monde. En 2026, elle compte 196 pays membres, reliés par un réseau permettant aux autorités nationales d’échanger des informations policières et de coopérer dans des enquêtes transfrontalières.
La très grande majorité des États du monde participent donc à INTERPOL. Quelques États et plusieurs territoires ou entités disposant d’un statut international particulier ne sont toutefois pas membres de l’Organisation.
Il est important de distinguer l’absence d’adhésion à INTERPOL de l’absence totale de coopération policière internationale. Un État ou un territoire non membre peut, selon les circonstances, coopérer avec d’autres pays ou participer à certaines opérations par d’autres mécanismes.
Les pays membres d’Interpol
INTERPOL, officiellement appelée Organisation internationale de police criminelle, compte 196 pays membres en 2026.
Chaque pays membre dispose d’un Bureau central national (B.C.N.) INTERPOL. Celui-ci constitue le point de contact entre les autorités nationales chargées de l’application de la loi, les B.C.N. des autres pays membres et le Secrétariat général d’INTERPOL.
Les B.C.N. utilisent notamment le réseau sécurisé de communication policière I-24/7 pour échanger des informations et accéder aux systèmes et bases de données de l’Organisation.
L’adhésion permet notamment aux autorités nationales de coopérer sur des dossiers concernant :
- les personnes recherchées ;
- les documents de voyage volés ou perdus ;
- les véhicules volés ;
- les empreintes digitales et autres données d’identification ;
- la criminalité organisée ;
- le terrorisme ;
- la cybercriminalité ;
- le trafic de stupéfiants ;
- la traite des êtres humains.
Les États membres peuvent également demander la diffusion de différents types de notices lorsque les conditions prévues par les règles d’INTERPOL sont respectées. La plus connue est la notice rouge INTERPOL, utilisée pour demander la localisation d’une personne recherchée et, lorsque le droit national le permet, son arrestation provisoire dans l’attente d’une extradition, d’une remise ou d’une procédure similaire.
Parmi les membres figurent notamment la France, les États-Unis, le Royaume-Uni, la Chine, la Russie, l’Ukraine, l’Inde, le Brésil, le Japon et l’ensemble des États membres de l’Union européenne.
L’État de Palestine est également membre d’INTERPOL depuis 2017 et l’État de la Cité du Vatican depuis 2008. Ils ne doivent donc pas être présentés comme des territoires ne faisant pas partie d’INTERPOL.
Pour consulter plus précisément la composition de l’Organisation, voir également notre page consacrée aux pays membres d’INTERPOL.
L’autorité d’Interpol
INTERPOL ne constitue pas une force de police supranationale.
L’Organisation ne dispose pas d’agents pouvant entrer dans un État membre pour arrêter directement une personne. Les arrestations, perquisitions, poursuites pénales et autres mesures coercitives restent de la compétence des autorités nationales.
INTERPOL facilite principalement :
- l’échange de données policières ;
- la diffusion d’informations concernant des personnes recherchées ;
- la coordination entre les services nationaux ;
- l’accès à des bases de données internationales ;
- le soutien à certaines enquêtes et opérations transfrontalières.
Pour cette raison, une notice rouge INTERPOL n’est pas un mandat d’arrêt international.
Lorsqu’une notice rouge concerne une personne présente dans un pays membre, les autorités de ce pays déterminent elles-mêmes, conformément à leur législation nationale et aux instruments internationaux applicables, quelles mesures peuvent être prises.
Cette distinction est expliquée plus en détail dans notre article INTERPOL peut-il procéder à des arrestations ?
L’absence d’adhésion à INTERPOL ne signifie pas non plus qu’un territoire est complètement isolé des mécanismes internationaux de coopération policière.
Des accords bilatéraux, l’entraide judiciaire, les relations diplomatiques, les mécanismes régionaux ou une coopération ponctuelle avec INTERPOL peuvent permettre certains échanges.
Le Kosovo constitue un exemple important : il n’est pas membre d’INTERPOL, mais il a participé comme tierce partie à plusieurs opérations internationales coordonnées ou soutenues par INTERPOL.

Quels États ou territoires ne sont pas membres d’INTERPOL ?
En 2026, la liste officielle d’INTERPOL comprend 196 membres.
Il faut être prudent lorsqu’on cherche une « liste des pays qui ne font pas partie d’INTERPOL », car INTERPOL compte parmi ses membres non seulement des États membres de l’ONU, mais également certains membres ayant un statut international particulier.
États membres de l’ONU qui ne figurent pas dans la liste actuelle des membres d’INTERPOL
Parmi les États membres des Nations Unies qui ne figurent pas dans la liste officielle actuelle des 196 membres d’INTERPOL, on trouve notamment :
- Corée du Nord (République populaire démocratique de Corée)
- Tuvalu
Cela signifie que leurs autorités ne disposent pas d’un Bureau central national INTERPOL au même titre que les 196 pays membres.
États ou entités à reconnaissance limitée qui ne sont pas membres d’INTERPOL
Plusieurs territoires ou entités disposant d’une reconnaissance internationale limitée ne sont pas membres de l’Organisation, notamment :
- Taïwan
- Kosovo
- Abkhazie
- Chypre du Nord
- République arabe sahraouie démocratique
- Ossétie du Sud
Le cas de Taïwan est particulier. La République de Chine avait historiquement participé à INTERPOL, mais la République populaire de Chine est devenue le représentant de la Chine au sein de l’Organisation. Taïwan ne figure actuellement pas parmi les 196 membres.
Le Kosovo n’est pas non plus membre. Sa demande d’adhésion n’a pas obtenu la majorité nécessaire lors de l’Assemblée générale d’INTERPOL de 2018. Cela ne signifie toutefois pas qu’il est exclu de toute coopération : INTERPOL l’a encore identifié comme tierce partie dans certaines opérations internationales récentes.
Autres territoires ou entités non membres
D’autres entités ne figurent pas non plus dans la liste des membres d’INTERPOL, notamment :
- Somaliland
- Transnistrie
- Ordre souverain militaire de Malte
Ces situations doivent être distinguées de celles des États souverains reconnus internationalement.
Le statut constitutionnel, la reconnaissance internationale et les relations avec d’autres États diffèrent considérablement d’un territoire à l’autre.
L’absence d’adhésion à INTERPOL signifie principalement que l’entité concernée ne participe pas directement à l’Organisation comme l’un de ses 196 membres et ne dispose pas de son propre B.C.N. membre du réseau mondial d’INTERPOL.
Elle ne signifie pas nécessairement :
- qu’une personne recherchée peut y séjourner sans risque ;
- qu’aucune information policière internationale ne peut y être communiquée ;
- qu’aucune extradition n’est possible ;
- qu’aucune coopération avec un pays membre d’INTERPOL ne peut avoir lieu.
Il faut donc éviter de confondre pays non membre d’INTERPOL et pays sans extradition. Ce sont deux questions juridiquement différentes.
Avantages de l’adhésion à INTERPOL
L’adhésion à INTERPOL permet aux autorités d’un pays de participer directement à un réseau mondial de coopération policière.
Chaque pays membre dispose d’un B.C.N. qui le relie aux autres membres et au Secrétariat général.
Parmi les principaux avantages figurent :
1. Accès au réseau I-24/7
Les autorités peuvent communiquer rapidement et de manière sécurisée avec les services compétents des autres pays membres.
2. Accès aux bases de données internationales
INTERPOL exploite plusieurs bases de données portant notamment sur les personnes recherchées, les documents de voyage volés ou perdus, les véhicules volés, les empreintes digitales et d’autres informations policières.
3. Utilisation du système de notices
Sous réserve des règles applicables, un pays membre peut demander la diffusion de notices INTERPOL afin de faciliter la coopération internationale.
Les notices rouges ne constituent cependant pas des mandats d’arrêt internationaux et leur effet dépend du droit de chaque pays.
4. Coopération dans les enquêtes transfrontalières
Les B.C.N. peuvent demander des informations aux autres pays membres et transmettre des données utiles aux enquêtes internationales.
5. Participation aux opérations internationales
Les pays membres peuvent participer à des opérations coordonnées contre différentes formes de criminalité transnationale.
Pour une personne concernée par une recherche internationale, l’adhésion ou non d’un pays à INTERPOL n’est donc qu’un élément de l’analyse.
Si vous cherchez à déterminer si des données vous concernant sont enregistrées par INTERPOL, consultez notre guide Comment savoir si je suis sur INTERPOL ?
Lorsqu’une vérification formelle est nécessaire, il est également possible de présenter une demande d’accès aux données INTERPOL auprès de la Commission de contrôle des fichiers d’INTERPOL (CCF).

Questions fréquemment posées
INTERPOL compte-t-elle 195 ou 196 pays membres ?
INTERPOL compte actuellement 196 pays membres. Ce nombre est inchangé depuis 2023. Chaque membre dispose d’un Bureau central national permettant de relier ses autorités nationales au réseau mondial d’INTERPOL.
Un pays non membre d’INTERPOL est-il totalement en dehors de la coopération internationale ?
Non. L’absence d’adhésion à INTERPOL ne signifie pas l’absence de toute coopération policière ou judiciaire.
Un État ou territoire non membre peut coopérer avec d’autres pays au moyen d’accords bilatéraux, de mécanismes d’entraide judiciaire ou d’autres dispositifs internationaux. Des non-membres peuvent également participer à certaines opérations en qualité de tierce partie.
Tous les territoires non reconnus peuvent-ils devenir membres d’INTERPOL ?
Non. L’adhésion à INTERPOL est encadrée par l’article 4 du Statut de l’Organisation et par les règles adoptées par son Assemblée générale.
Le statut international du candidat et le respect des critères d’adhésion sont donc déterminants. Le fait qu’une entité exerce un contrôle territorial ou possède ses propres institutions ne signifie pas automatiquement qu’elle peut devenir membre d’INTERPOL.
Un pays membre d’INTERPOL doit-il automatiquement arrêter une personne visée par une notice rouge ?
Non. Une notice rouge n’est pas un mandat d’arrêt international.
Chaque État membre décide, conformément à son propre droit, des conséquences juridiques qu’il accorde à une notice rouge et des conditions dans lesquelles une arrestation provisoire peut éventuellement intervenir.
Pourquoi cette question est-elle importante en pratique ?
L’adhésion à INTERPOL détermine notamment l’accès direct au réseau de Bureaux centraux nationaux, à I-24/7 et aux mécanismes institutionnels de l’Organisation.
Cependant, l’absence d’adhésion ne signifie pas qu’une personne recherchée ne peut pas être identifiée, arrêtée, extradée ou faire l’objet d’une coopération entre autorités par d’autres moyens.

